Conseil & consultance
4 février 2025
Votre société comme usufruitière ?
Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur l’achat scindé pour votre entreprise.
Dans le cadre de l’entrepreneuriat, il est courant de constituer un usufruit sur un bien immobilier. Ainsi, un dirigeant d’entreprise achète la nue-propriété d’un bien immobilier en tant que personne physique, tandis que sa société acquiert l’usufruit. Après une période définie par contrat, l’usufruit s’éteint, et le dirigeant devient en principe sans imposition fiscale pleinement propriétaire du bien immobilier. Il est donc crucial d’évaluer l’usufruit de manière correcte et fiable pour éviter tout problème avec l’administration fiscale.
Souhaitez-vous faire évaluer un usufruit ? Faites confiance à CC Experts en tant qu’estimateur indépendant.
Qu’est-ce que l’usufruit ?
Le droit de propriété d’un bien immobilier peut être divisé en usufruit et nue-propriété. L’usufruit est un droit temporaire qui permet à une personne d’utiliser un bien appartenant à autrui (par exemple un bien immobilier) comme si elle en était propriétaire, à condition de le conserver en bon état. La personne qui détient l’usufruit est appelée l’usufruitier, tandis que celle qui conserve la propriété mais doit accorder l’usufruit est appelée le nu-propriétaire.
L’usufruit est temporaire et prend fin à l’expiration de la période convenue ou à la dissolution de la société. Lorsque l’usufruit prend fin, le nu-propriétaire devient automatiquement plein propriétaire du bien immobilier.
Résumé de l’usufruit :
Droit d’usage : l’usufruitier peut utiliser le bien immobilier comme s’il en était le propriétaire, à condition de l’entretenir. Il peut également percevoir les revenus locatifs éventuels générés par ce bien.
Obligations : l’usufruitier est responsable de l’entretien courant du bien immobilier :
travaux de peinture, nettoyage des cheminées, réparations des sols, plafonds, escaliers ou toiture. Les gros travaux structurels (murs porteurs, chauffage central, électricité) sont normalement à la charge du nu-propriétaire, sauf dispositions contraires.
Par exemple, il est possible de prévoir dès le départ que l’usufruitier prenne également en charge certains travaux structurels importants ou investissements capitaux, à condition que cela soit préalablement intégré dans l’évaluation et repris dans l’acte notarié.
État des lieux : lors de l’entrée en usufruit, l’usufruitier est tenu d’établir un état des lieux détaillé du bien. Cette documentation permet de protéger les intérêts de l’usufruitier comme du nu-propriétaire, surtout en vue de la restitution du bien immobilier au nu-propriétaire.
Conséquences d’un achat scindé pour votre société
Dans le cadre de l’entrepreneuriat, l’usufruit est souvent constitué sur un bien immobilier pour une durée déterminée, afin d’éviter les droits de mutation ou l’impôt sur les plus-values lorsque le bien sera ultérieurement sorti de la société.
Dans ce type d’opération : la société achète l’usufruit du bien immobilier tandis que le dirigeant achète la nue-propriété à titre privé. Après une durée fixée par contrat, l’usufruit s’éteint, et le dirigeant devient en principe sans imposition fiscale plein propriétaire.
C’est pourquoi une évaluation juste et crédible de l’usufruit est essentielle pour éviter toute remise en cause par l’administration fiscale.
Simulation d’une évaluation d’usufruit
Supposons qu’un bien immobilier soit acheté de manière scindée pour 1.000.000 € . La société acquiert l’usufruit (soit 75 % ou 750.000 €) pour une durée de 30 ans tandis que le dirigeant acquiert la nue-propriété pour 250.000 €.
Après 30 ans, l’usufruit s’éteint, et le dirigeant devient pleinement propriétaire sans fiscalité supplémentaire. En cas de revente du bien pour 1.400.000 €, le dirigeant perçoit l’intégralité du montant, net d’impôts. Par contre en cas d’achat classique par la société, la revente avec plus-value donnerait lieu à un impôt sur société de 275.000 € à payer (1.400.000 € – 300.000 € (valeur du terrain) x 25 % d’impôt des sociétés).
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Achat scindé: 75% en usufruit & 25% en nue-propriété |
Achat en pleine propriété | |
| Prix d’achat |
Société: usufruit (75%) – € 750.000 |
Propriété exclusive dans une société : 1 000 000 € |
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Prix de vente après expiration de l’usufruit |
Le dirigeant obtient la pleine propriété et vend le bien pour € 1.400.000, net d’impôt verschuldigd. |
La société vend le bien immobilier pour 1 400 000 €. Impôt sur les sociétés : prix de vente de 1 400 000 € – valeur du terrain de 300 000 € = 1 100 000 € x 25 % = 275 000 €. |
Prix d’achat
Achat scindé: 75% en usufruit & 25% en nue-propriété
Société: usufruit (75%) – € 750.000
Dirigeant: nue-propriété(25%) – € 250.000
Achat en pleine propriété
Pleine propriété pour la société: € 1.000.000
Revenu de vente après expiration de l’usufruit
Achat scindé: 75% en usufruit & 25% en nue-propriété
Le dirigeant obtient la pleine propriété et vend le bien pour € 1.400.000, net d’impôt
Achat en pleine propriété
La société vend le bien pour € 1.400.000. Impôt des sociétés: prix de vente € 1.400.000 – valeur du terrain € 300.000 = € 1.100.000 x 25% = € 275.000
Avantages d’un achat scindé pour les entreprises
- Lors de l’achat du bien immobilier, les frais d’acquisition inhérents (droits d’enregistrement, TVA, frais d’acte, …) sont en grande partie pris en charge par votre société.
- Ces frais d’acquisition peuvent être déduits comme frais professionnels.
- L’usufruit peut être amorti.
- La plupart des charges liées au bâtiment ou au terrain sont déductibles (par exemple : intérêts, assurances, précompte immobilier…).
Cela permet de réduire le revenu imposable de votre société, ce qui diminue l’impôt des sociétés à payer.
Dans ce type d’opération, il est essentiel de procéder à une évaluation correcte de l’usufruit pour éviter tout problème fiscal. En effet, si l’usufruit est surévalué, la nue-propriété sera sous-évaluée. Cette sous-évaluation peut être requalifiée par l’administration fiscale comme un avantage de toute nature, potentiellement imposable.
Chez CC Experts, nous mettons tout en œuvre pour éviter ce type de situation.
Prenez contact sans engagement pour une évaluation professionnelle et fiable de l’usufruit.
Comment l’usufruit est-il correctement valorisé ?
En matière d’impôt sur le revenu, il n’existe pas de méthode unique imposée par la législation fiscale pour évaluer l’usufruit.
C’est pourquoi on se base généralement sur des principes économiques et sur des transactions conformes au marché entre parties indépendantes. Les principaux facteurs déterminant la valeur de l’usufruit sont :
1. La valeur locative brute
Le revenu annuel que peut générer le bien immobilier. Plus la valeur locative est élevée, plus la valeur de l’usufruit est grande.
2. Les coûts d’exploitation
Tels que le précompte immobilier, l’entretien, les assurances, les périodes de vacance. Moins les coûts sont élevés, plus la valeur de l’usufruit augmente.
3. Les investissements en capital
Les dépenses effectuées pour améliorer ou maintenir la qualité du bien. Plus ces investissements sont élevés pour l’usufruitier, plus la valeur de l’usufruit diminue.
4. La durée de l’usufruit
L’usufruit peut durer jusqu’à 99 ans. Plus la durée est longue, plus l’usufruit augmente en valeur.
5. Le rendement attendu
Les revenus et risques liés à l’investissement immobilier. Au plus le rendement attendu par l’usufruitier est bas, plus la valeur de l’usufruit augmente.
Sur base de notre expérience, il semble que le fisc examine de manière critique les évaluations d’usufruit, en portant une attention particulière à la valeur locative du bien immobilier ainsi qu’au rendement conforme au marché pour les deux parties : l’usufruitier et le nu-propriétaire.
Rapport d’estimation circonstancié avec argumentation de la valeur locative
Une évaluation correcte de l’usufruit nécessite un rapport d’estimation circonstancié de la valeur locative, basé sur une analyse approfondie d’au moins trois points de comparaison représentatifs. Le rapport d’estimation doit fournir une explication claire de la manière dont le loyer pratiqué sur le marché a été dérivé de ces points de comparaison.
Faites confiance à CC Experts pour une évaluation correcte de l’usufruit
Chez CC Experts, nous utilisons pour cela notre base de données exclusive contenant des informations immobilières provenant de toute la Belgique. Sans une argumentation correcte, il existe un risque que le contrôleur fiscal rejette les valeurs proposées pour la nue-propriété et l’usufruit, en raison d’un manque de données immobilières et locatives fiables. Si le loyer du marché — base essentielle de l’usufruit — est rejeté, tout le montage peut s’effondrer. Ainsi, le fisc a libre jeu.
Rapport d’évaluation de l’usufruit avec justification du rendement conforme au marché
Sur la base de la valeur locative estimée, nous attribuons une valeur pour l’usufruit et la nue-propriété. Nous suivons pour cela « les règles de l’art », en tenant compte des positions du Service des Décisions Anticipées (Commission des rulings) et de la jurisprudence la plus récente notamment concernant le rendement conforme au marché tant pour l’usufruitier que pour le nu-propriétaire. Sans cela, l’administration fiscale peut prétendre que la valorisation n’est pas conforme à celle du marché et qu’il existe un avantage de toute nature pour le dirigeant d’entreprise. Ce que nous veillons, comme dit précédemment, à éviter.
En savoir plus sur votre société en tant qu’usufruitière ou sur un achat scindé ?
Chaque dossier ou projet étant unique, nous adaptons volontiers nos services à vos besoins et attentes personnels. N’hésitez pas à contacter l’un de nos experts pour discuter des possibilités.
